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Dans la rubrique "Récits" vous trouverez mes premières impressions recueillies en 2005. J'espère que vous prendrez
plaisir à les lire.
En voici un extrait.
21.07.05
Les visages sont fermés, pas tendus, juste en attente. De ces attentes sans impatience où l'on sait qu'on ne peut rien faire d'autre que d'attendre. Résignation comme arme contre l'attente, résignation contre le quotidien. Certains allument une cigarette, les petites flammes rouges dansent dans la brume du matin. Les regards sont fixes, pas une parole ne trouble cette contemplation du vide. Le bateau doucement avance, refoulant les légères vagues du fleuve. Les corps s'appuient sur les motos, les vélos, ou alors restent debout, se balançant au rythme des à-coups. Maintenant la rive est proche, dans un instant les moteurs vrombiront, les roues se mettront en mouvement et chacun se retrouvera sur le quai, partira dans sa direction, comme chaque jour. Morne et pourtant avec une touche de poésie, là où personne ne semble l'attendre. Le bateau est un moyen de transport très utilisé à Shanghai pour qui habite Pudong et doit se rendre à Puxi pour travailler, comme c'est le cas pour ma mère d'accueil. Tout le long de la côte des embarcadères avalent le flot quotidien des personnes. Un bateau peut accueillir jusqu'à une centaine de passagers, des bateaux assez petits donc. La plupart des gens empruntant la voie maritime dispose d'une moto, d'un vélomoteur ou d'une bicyclette. Plus rare, les piétons doivent ici aussi s'armer de prudence pour l'embarquement et le débarquement qui s'effectuent dans un certain chaos. Le trajet n'est pas long, étant donné que les rives du fleuve ne sont pas très éloignées l'une de l'autre et que les embarcadères se situent quasi face à face. L'attente se passe donc surtout avant le départ du bateau. (...)