Shanghai Troisième partie (11.07.05 - 28.07.05)


11.07.05

 

Hier je suis sorti de Shanghai pour la première fois. En effet des amis de ma famille d'accueil m'ont emmené avec eux pour une expédition à Suzhou. Ces amis (un couple avec une petite fille de trois ans qui m'appelle "grand frère") sont très proches de la famille, car la femme est la meilleure amie de ma professeur de chinois. Ils étaient d'ailleurs aussi venus à l'aéroport pour m'accueillir. Hier matin nous nous dirigions aussi en direction de l'aéroport, mais le but était la gare. Car nous allions voyager en train. Malgré le fait que j'avais été informé de ces faits, lorsque je me retrouvai à la gare, je ne pus m'empêcher de la comparer à un aéroport. Ici rien n'est laissé au hasard, pour entrer dans la partie départ de la gare il faut présenter son ticket de transport valable. Les grandes valises sont même passées aux rayons X. Pour s'assurer que tout se passe comme prévu nombre de policiers et de barrières sont déployés. Après avoir passé ce premier contrôle avec succès, il faut se rendre dans la bonne salle d'attente, salle énorme où les premiers arrivés ont pu s'asseoir, les autres attendent debout. Lorsque les barrières s'ouvrent toute cette masse se met en mouvement, se bouscule, se serre, se serre encore plus pour passer les barrières au compte-gouttes où les billets sont de nouveau contrôlés. Je vous assure que ces mouvements de foule sont peu rassurant et mieux vaut ne pas être claustrophobe. Bousculades incompréhensibles étant donné que toutes les places sont réservées comme au théâtre. Votre billet contient en effet le numéro du wagon, ainsi que le numéro de votre place. Malgré cela, j'ai observé que quelques passagers étaient obligés de se tenir debout. Alors quoi, existe-t-il plusieurs formes de billets ? Toutes les personnes assises en tout cas, observaient attentivement leur ticket avant de prendre place. Suzhou, ville culturelle, historique et touristique, comme la décrit le guide pour touristes, n'est pas très éloignée de Shanghai et il faut une heure de train pour l'atteindre. Durant le voyage point de contrôleur (encore heureux après le quasi passage de frontière qu'on s'est tapé) mais des vendeurs de guides touristiques (comme celui cité plus haut) de journaux et de boissons circulent entre les sièges sur les deux étages du train. Le paysage qui se déroule devant les vitres du train n'est pas trop parlant (une bande muette quoi). D'abord les derniers gratte-ciels de Shanghai puis entrée dans le secteur agricole. Champs, serres, étangs artificiels, voici probablement les greniers de Shanghai. Le tableau est complété par de rares maisons, petites et en mauvais états.


18.07.05

 

Eh bien, c'est ce qui s'appelle une semaine creuse, pas au niveau des événements, mais à celui de la narration de ceux-ci. Manque de courage ou d'envie d'écrire, quoiqu'il en soit, aujourd'hui je me tiens fidèle au poste, plume en main.

Pour vous ce changement de date n'équivaut qu'à une ligne de plus à lire. Vous avez donc moins besoin que moi d'un petit intermède. Je vous ferais bien un court message publicitaire à la San-Antonio, histoire de vous rendre le sourire. Mais non, laissons cela aux spécialistes en la matière et continuons ce texte en français académicose des pieds.

Donc je vous avais laissé en plan, ou plutôt en train, filant à vive allure à travers les paysages agricoles. L'arrivée à la gare de Suzhou se transforme très vite en nouveau point de départ. En effet, une oppressante envie de fuir cet endroit se glisse en vous. D'ailleurs tout le monde à l'air du même avis, cherchant des yeux un bus ou un taxi. C'est que la foule de Shanghai apparaît pleine de candeur en comparaison de celle formée par les Suzhouien. Ici le touriste est hélé de toutes parts par des voix de plus en plus menaçantes à mesure que le désintérêt de l'interpellé devient de plus en plus évident. Au milieu de la foule, nombre de mendiants circulent, faisant leur triste quête. Certaines personnes vous accostent directement, se présentant comme un parfait connaisseur de la région et se faisant une joie de vous aider. Vous avez beau l'ignorer, lui indiquer clairement que vous n'êtes pas intéressé, il tient bon, vous suit à la trace, reprenant de temps en temps sa litanie et quand vous faites signe d'hésiter dans le choix de direction, immédiatement il se met à votre hauteur, vous faisant comprendre avec forts gestes et paroles combien il pourrait vous être utile. Quand enfin il vous lâche, c'est un autre qui reprend son rôle. Bref, de se retrouver dans le bus est un vrai soulagement. Maintenant, tranquillement assis sur un siège, attendant que le bus démarre, je peux vous dépeindre le tableau de la gare en toute sérénité. Le large trottoir où convergent les nouveaux arrivés est plein à craquer. C'est la foule comme je vous l'ai dit. Une foule essentiellement chinoise, car Suzhou est très renommée à Shanghai et en Chine, et attire donc des touristes compatriotes. Je suis une rareté et chaque stand, étale, boutique ou petit magasin devant lequel je passerai, retentira de "hello", un mot anglais apparemment très répandu dans le secteur touristique. Bon et alors, qu'est-ce qu'il y a à voir dans ce fameux Suzhou ? Rappelez-vous le guide touristique : ville touristique (ça je crois que c'est clair maintenant), culturelle et historique. Historique, voilà le point crucial. Suzhou, avec un passé de plus de deux milles ans, fourmille de sites historiques. Entendez par là des anciennes demeures, des antiques palais, des jardins traditionnels. Ces sites admirables datent tous environ de la période Ming ou début Qing (14ème au 18ème siècle). Je dois avouer que ces constructions ont quelque chose de fascinant. Elles renferment ce calme familier aux églises, malgré la nuée des touristes, et une certaine noblesse (pas forcément amicale) se dégage de ces vieux murs. L'élégance portée jusqu'aux moindres détails à ces maisons ancestrales, le raffinement matériel, qui nous laisse suggérer le raffinement de la pensée, voire de la morale des auteurs de ces oeuvres. Je vous décris ici en brut mes réflexions, plutôt mes réflexes face à  ces contemplations. Parlant de détails, jetez juste un oeil au toit de cette bâtisse, qui s'élève à l'entrée d'un parc, surplombé par une colline où de vieux chemins et escaliers, côtoyés par tout ce que l'art chinois architectural comporte de chef d'oeuvres (demeures, jardins, ponts, rivières, fontaines, gravures, mosaïques...) vous mènent. Ce toit, disais-je, qui épouse la forme bien connue des anciennes maisons chinoises, c'est à dire avec les extrémités remontantes, est peuplé, au sommet de celui-ci, par de charmantes petites figurines sculptées à même la pierre du toit. Ces figurines, courantes sur les toits des demeures traditionnelles, peuvent représenter des seigneurs de guerre sur leur char, de vieux sages à longue barbe vous pointant du doigt ou même un simple pêcheur sortant son filet. Et que dire des jardins immenses, comportant étangs, ponts, nombre sentiers, maisons et jardins particuliers. Ces jardins sont construits comme des maisons avec leurs pièces. Ici la pièce comportant l'étang, ici celle comportant ces sculptures de pierre formées par l'eau, ici un parc avec bancs et petits pavillons, ici celle comportant plusieurs demeures de moyennes tailles où l'on vit, dort, mange, étudie, et ainsi de suite. Pour circuler entre les différentes parties divisées par des murs ou par des barrières naturelles, se faufilent nombre sentiers, chemins, ponts, grottes. On pourrait facilement s'y perdre. Citons encore le clou du spectacle, le point où convergent tous les touristes. Il se situe justement au sommet de la colline dont je vous ai parlé, comme clou, il se dresse plutôt haut dans le ciel, avec quelque chose de Piséen. Soyons clair, il s'agit d'une haute tour, légèrement penchée.

 

21.07.05

 

Les visages sont fermés, pas tendus, juste en attente. De ces attentes sans impatience où l'on sait qu'on ne peut rien faire d'autre que d'attendre. Résignation comme arme contre l'attente, résignation contre le quotidien. Certains allument une cigarette, les petites flammes rouges dansent dans la brume du matin. Les regards sont fixes, pas une parole ne trouble cette contemplation du vide. Le bateau doucement avance, refoulant les légères vagues du fleuve. Les corps s'appuient sur les motos, les vélos, ou alors restent debout, se balançant au rythme des à-coups. Maintenant la rive est proche, dans un instant les moteurs vrombiront, les roues se mettront en mouvement et chacun se retrouvera sur le quai, partira dans sa direction, comme chaque jour. Morne et pourtant avec une touche de poésie, là où personne ne semble l'attendre. Le bateau est un moyen de transport très utilisé à Shanghai pour qui habite Pudong et doit se rendre à Puxi pour travailler, comme c'est le cas pour ma mère d'accueil. Tout le long de la côte des embarcadères avalent le flot quotidien des personnes. Un bateau peut accueillir jusqu'à une centaine de passagers, des bateaux assez petits donc. La plupart des gens empruntant la voie maritime dispose d'une moto, d'un vélomoteur ou d'une bicyclette. Plus rare, les piétons doivent ici aussi s'armer de prudence pour l'embarquement et le débarquement qui s'effectuent dans un certain chaos. Le trajet n'est pas long, étant donné que les rives du fleuve ne sont pas très éloignées l'une de l'autre et que les embarcadères se situent quasi face à face. L'attente se passe donc surtout avant le départ du bateau.

Je ne vous ai pas encore parlé d'une facette assez sombre de Shanghai. Car si l'on y trouve des quartiers ultramodernes, resplendissants, propres, élevant la pointe de leurs gratte-ciels jusqu'aux nuages, on y trouve aussi naturellement des endroits dits moins recommandables. Au hasard d'une de mes promenades, je suis tombé sur un quartier de ruines. De longues rues côtoyées que par des monticules de briques, de maisons à moitié détruites et beaucoup de poussière. Ici les gens ont aménagé les restes de maisons comme ils pouvaient pour se protéger du soleil et de la pluie. Des montagnes d'ordures et de déchets de toutes sortes s'élèvent de chaque côté de la route, entre les maisons et les ruines. J'ai aperçu un jeune adolescent, qui au milieu d'un des tas d'immondices cherchait je ne sais quoi. Il portait un t-shirt avec des marques brunes de saleté et un short déchiré. Certaines personnes faisaient leur sieste dehors, sur des cartons posés directement sur le trottoir. Une des maisons possédait encore un toit traditionnel, reconnaissable au relèvement de ses extrémités. Ceci me laisse à  penser qu'il s'agissait d'un quartier traditionnel de petites maisons. Est-ce que son état actuel est dû aux autorités ? Car pour construire les nouveaux bâtiments où siègeront les futures entreprises multinationales il faut disposer de place. J'avais lu un article dans "Le monde diplomatique" qui décrivait la manière révoltante dont les autorités de Shanghai vidaient de vieux quartiers, trompant les évacués sur leur réaménagement, allant jusqu'à utiliser la force contre les récalcitrants. Je ne pus m'ôter la question de la tête à savoir, combien y avait-il d'endroits comme celui-ci à Shanghai. Bien entendu la pauvreté à Shanghai est omniprésente, même dans les quartiers dits chics. Presque partout, vous ne pouvez pas éviter d'apercevoir un homme en haillons, portant un gros sac en jute sur son dos et, se penchant devant chaque poubelle, y glissant une main à la recherche d'objets qui pourraient encore avoir de la valeur. La plupart du temps ces personnes (femmes comprises) récoltent des bouteilles en pet vides. Je n'ai par contre rencontré que peu de mendiants. Mais la pauvreté ici a maints visages. L'on comprend l'insistance de ces marchands des rues, vendant de tout en passant par les fruits jusqu'aux porte-monnaies contrefaits de marques connues. Ces gens avec des habits plus que rapiécés qui transportent dans leur chariot attelé à leur vélo des restes de choses, dont on se demande à quoi elles pourraient bien servir.


23.07.05

 

Je commence à prendre mes repères dans cette ville, du moins dans les endroits traversés plusieurs fois. Tenez par exemple, le grand You You hôtel, énorme bâtiment de couleur brun orange qui s'élève haut dans le ciel sur le trottoir en face de l'arrêt de bus le plus proche de la maison de mes parents d'accueil. Arrêt de bus qui demande quand même presque dix minutes de marche pour l'atteindre. Il se situe sur le trottoir ouest de la grande route Pudongnanlu, qui forme quasi parfaitement un axe nord-sud, longeant constamment le fleuve Huangpujiang à environ un kilomètre de distance. Il relie le quartier industriel et touristique au nord comportant la fameuse tour Dongfangmingzhu, connu en anglais sous le nom TV Tower, encastré dans un des méandres du Huangpujiang, à ce quartier en ruine que j'ai déjà mentionné. Ce qui, si l'on se permet de placer côte à côte ces deux extrémités, nous renvoie une image contrastée courante des grandes villes, chargée d'une triste ironie. Cette route parcourt presque huit kilomètres et dispose de trois voies pour chaque direction. Pour aider une certaine compréhension des noms de lieus chinois, il est utile de savoir que la terminaison indique fréquemment la nature de ceux-ci. Ainsi "lu" de Pudongnanlu signifie rue, "jiang" de Huangpujiang signifie fleuve, "dadao" de Binjiandadao signifie avenue. Cette avenue, plutôt une promenade, qui longe la courbe du fleuve, entourant le quartier touristique de Pudong cité plus haut. Elle est très prisée par les touristes qui l'empruntent en nombre. Il faut dire que la nuit, sentant l'air frais du fleuve sur son visage dans la persistante fournaise Shanghaienne, admirant  le spectacle lumineux des édifices qui font face sur l'autre rive, on ne peut que reconnaître un certain charme à  cet endroit. Mon esprit romanesque s'y laisse d'ailleurs facilement abuser et a conduit mes pieds déjà bien des fois sur ses dalles de pierre.

 

26.07.05

 

On y (Binjiangdadao) voit d'ailleurs nombre de jeunes couples enlacés profiter du romantisme du lieu. Mais revenons, aussi abruptement que le demande mes observations pratiques, à Pudongnanlu. Trois et trois font six voies au total. Une sacrée surface pour un pauvre piéton, de plus n'oublions pas les spécificités du code de conduite Shanghaien qui lui sont plutôt défavorables. Un problème résolu par les autorités de la ville d'une manière aussi simple qu'efficace, c'est-à-dire par la pose de ponts, enjambant le tumulte. Tiens justement, l'arrêt de bus dont nous parlions est tout proche d'un carrefour où l'on trouve justement un spécimen. Celui-ci, relativement vieux, permet donc la traversée en toute sécurité de Pudongnanlu, ainsi qu'à son côté oriental de la route Tangqiao, route qui forme l'angle droit du croisement. On y accède par des marches raides et usées, la plateforme possède environ cinq mètres de largeur. Pour en retrouver un, de pont, il faut se déplacer vers le nord de deux kilomètres (à propos notre arrêt de bus se trouve quasiment au milieu de Pudongnanlu) pour atteindre le fameux supermarché de Pudong, Diyibabaiban, vous savez, le fameux aux dix étages. Ici ce sont des escalators qui vous montent sur ce pont chic, brillant de neuf. Du moins quand ils fonctionnent, eh oui, ne vous laissez pas tromper par l'apparence moderne de cette construction. Il y a même un ascenseur qui vous aide à monter les quelques mètres, ascenseur que je n'ai jamais osé emprunter à cause du logo handicappé collé dessus. Je m'astreins donc à monter les marches (les escalators sont en panne, je vous l'ai dit) glissantes et qui dégagent une odeur d'urine. J'arrive sur le trottoir est pour me retrouver en face d'un édifice de la culture américaine, un MacDonald.

 

28.07.05

 

Les MacDonalds, ainsi qu'une autre chaîne de fast-food américaine quasi identique nommée KFC, sont des endroits apparemment très appréciés par les Shanghaiens, en particulier par ses représentants adolescents. En effet, ils sont pris d'assaut et les places libres sont rares. Ils disposent des mêmes caractéristiques que ceux établis chez nous, dont le plus attrayant : le prix. Pour arriver au centre commerciale Diyibabaiban il me faut encore traverser une grande route, Zhangyanglu. Ici point de pont, mais un passage souterrain. On y trouve, comme sur les trottoirs, des petits stands où les vendeurs vous proposent des dvds, des bijoux, des montres, etc... Ça y est, je me situe maintenant devant Diyibabaiban. Vous vous rappelez la description rapide que j'en ai faite. Il faudrait y ajouter la foule. En effet les supermarchés sont devenus les points cultes de la population. Consommer, acheter, lécher les vitrines, faire du shopping, toutes ces activités sont ici aussi appréciées que dans notre société occidentale. Ouverts jusque tard le soir ainsi que le dimanche, les magasins ne désemplissent pas. Un autre loisir qui fait apparemment fureur est le salon de coiffure. Ils sont omniprésents et disposent d'une clientèle nombreuse. Respectant aussi les horaires des magasins, ont peut y voir à neuf heures du soir Madame se faire faire un shampoing, Monsieur se faire réajuster sa raie, mademoiselle se faire teindre les cheveux en brun clair et ainsi de suite. Spectacle nocturne qui ne cesse de me divertir. Mais il existe aussi des lieux qui se prétendent salon de coiffure où cependant j'ai idée que l'offre à la clientèle est d'un autre registre. Idée consolidée par la pressante recommandation de ma mère d'accueil d'éviter ces endroits "dangereux où les filles sont méchantes". Petits locaux éclairés de lumières sombres à l'air en effet plutôt inquiétant. Autres lieux prisés par les citadins : les librairies. Les grandes surfaces en disposent toutes de même qu'on y trouve des cinémas. Ces librairies stimulent autant les foules que les rayons d'habits et l'on y ressent la même atmosphère de voracité consommatrice. Il existe d'ailleurs d'énormes librairies comme celle se trouvant à Fuzhou, une rue de Puxi, et qui comporte six étages tous consacrés aux livres (bien que le dernier étage rassemble aussi des cds, vcds et autres dvds). Les livres ont des teintes multicolores et brillantes à tel point qu'on s'attendrait presque à ne trouver que des images à l'intérieur. Les étages sont classés par thèmes, ainsi livres d'histoire, de géographie, biographies, livres politiques (livres de Mao Tse-Toung et autres, qualifiés d'ouvrages marxiste-léninistes), romans, livres pour enfants, livres pour étudiants, livres informatiques, médicaux, économiques, livres anciens et précieux, livres artistiques, musicaux, livres étrangers, best-sellers, et j'en passe et des meilleurs. Détail amusant, à l'entrée de cette librairie sont encastrées dans la façade deux grandes stèles où une phrase est rédigée dans une multitude de langues. Ainsi la version française nous dit: "Les livres constituent un des marchepieds pour le progrès de l'humanité". Ajoutons que Shanghai dispose aussi d'une énorme bibliothèque (à Huaihailu, très grande rue touristique de Puxi) et qu'elle est elle aussi très fréquentée. A son entrée point de stèle mais une statue de Rodin, qui représente un homme nu, assis, la tête appuyée sur son poing dans la célèbre posture du penseur.

Vous voyez comme des descriptions géographiques peuvent nous amener à des réflexions sur le quotidien même des Shanghaiens. Mais pour revenir et terminer avec Pudongnanlu, j'aimerais clarifier sa situation stratégique. Si tant de véhicules l'empruntent c'est qu'elle conduit au sud à un pont et à son extrémité nord à un tunnel, tous deux ralliant Puxi. Avec le bateau, ce sont les trois moyens à disposition pour traverser le Huangpujiang. Le tunnel est sombre et suffocant, heureusement pas très long. Il dispose de deux voies et seul les quatre-roues sont admis. Ceux-ci se suivent à la queue leu leu à une vitesse plus que modérée. Le pont quant à lui, le Nanpudaqiao ("qiao" signifie pont), s'élève en spirale sur plusieurs étages et est vraiment impressionnant de par sa grandeur.

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